Les mainteneurs de Godot submergés par les pull requests générées par l’IA
Rémi Verschelde, cofondateur de Godot et l’un des principaux mainteneurs du moteur, a publiquement décrit l’afflux de pull requests générées par l’IA qui frappent le projet comme « épuisant et démoralisant ».
Le problème
Les mainteneurs doivent désormais remettre en question presque chaque pull request provenant de nouveaux contributeurs. Les soumissions générées par l’IA semblent souvent plausibles au premier abord, mais contiennent des erreurs fondamentales, une logique défaillante ou du code qui n’a aucun sens dans son contexte. Le temps consacré à identifier et à rejeter ces PR se fait au détriment de l’examen des contributions légitimes.
Godot compte actuellement 4 681 pull requests ouvertes sur GitHub. Distinguer les erreurs humaines de bonne foi des absurdités générées par l’IA est devenu, selon Verschelde, extrêmement difficile.
« La récente hausse des soumissions de code médiocre généré par l’IA est épuisante et démoralisante. »
— Rémi Verschelde, cofondateur de Godot
Pourquoi cela se produit
La popularité de Godot a bondi après la controverse de 2023 autour des frais d’exécution de Unity, qui a poussé les développeurs à explorer d’autres solutions. Davantage d’utilisateurs signifie davantage de contributeurs potentiels, et un nombre croissant d’entre eux utilisent des outils d’IA pour générer des soumissions de code sans comprendre ce que celui-ci fait.
Godot dispose de règles de contribution qui imposent de signaler toute assistance de l’IA, mais elles sont fréquemment ignorées. Ces soumissions ne sont généralement pas malveillantes. Elles proviennent de personnes qui souhaitent sincèrement contribuer, mais qui s’appuient sur des outils d’IA produisant avec assurance du code erroné.
Ce que Verschelde a proposé
Sa principale recommandation était d’obtenir davantage de financement afin d’embaucher des mainteneurs supplémentaires capables de gérer le volume de revues. Il a reconnu que recourir à l’IA pour détecter les PR générées par l’IA serait « terriblement ironique » et s’est montré réticent à automatiser le processus.
Parmi les autres pistes évoquées figurent l’abandon de GitHub ou la mise en place de systèmes communautaires d’évaluation de la confiance. Ces deux options risquent toutefois de créer davantage d’obstacles pour les nouveaux contributeurs de bonne foi, ce qui va à l’encontre de l’esprit open source.
Un phénomène plus large
Godot n’est pas le seul projet concerné. Des projets open source de tout l’écosystème logiciel signalent des tendances similaires. Les outils d’IA permettent de générer une pull request avec une facilité déconcertante. Ils ne permettent pas pour autant d’en générer facilement une qui soit utile. Le coût d’une soumission est devenu presque nul, tandis que celui de sa revue reste élevé.